Le slow-journalism ne convainc pas les "fatigués de l'actu"

Edition n°10 - 22 septembre 2020 - Bonnes pratiques, usages, tendances, business, outils...

▶️ FOCUS : le slow-journalism touche surtout les accros à l’info, pas ceux qui s’en détournent

Une étude Andersen au Danemark a proposé à un panel de 2000 personnes un accès gratuit pendant deux mois au site Zetland qui pratique un journalisme lent. L’étude incluait aussi un questionnaire sur leur rapport à l’information avec des questions telles que “vous sentez-vous submergé ou fatigué par la quantité d’actus disponibles ? Eprouvez-vous de la lassitude à l’égard des actus trop négatives?”

Le résultat de cette étude montre que Zetland était bien plus lu par ceux qui consommaient déjà beaucoup d’actus “classiques” que les autres. Le site d’information de contexte était bien moins apprécié par ceux qui disent ressentir une lassitude vis-à vis de l’actualité chaude ou/et négative.

Le slow journalism, non seulement est inefficace à rallier les “fatigués de l’actualité”, mais peut même les en éloigner encore plus.

L’intérêt vis à vis de l’actualité de contexte ou de profondeur dépend beaucoup du niveau d’instruction du public. On constate que la télévision, en particulier en temps réel, fonctionne bien auprès des téléspectateurs faiblement diplômés.

Ce que nous apprend cette étude, c’est qu’il faut se méfier des discours critiques sur les médias de divertissement qui ne correspondent pas à l’usage d’une majorité de personnes. Et surtout que pour attirer un public moins instruit vers l’information, il faut innover beaucoup plus sur les formats, qui doivent être plus accessibles, ludiques, interactifs.

Et pratiquer cette “guérilla de l’information”, en proposant de l’intelligence par la bande, comme dans l’exemple du buzz de la robe

👉 Information locale : produire des contenus plus accrocheurs et engageants
👉 Non, le buzz de la robe n’est pas (forcément) le naufrage du journalisme !


▶️ 3 liens incontournables de la semaine


1.
Le @guardian a gagné 1,3 million d'abonnés (+63%) sur Instagram en un an. Et doublé son taux d'engagement. Il nous explique sa recette :

  • Les décryptages sur des événements polémiques, comme cette analyse d'un historien sur les déboulonnages de statues

  • Les "bonnes nouvelles" sous forme de carrousel

  • Les témoignages photo + citation sur sujet impliquant

👉 Voir le thread de @KMartenon qui détaille et illustre ces conseils

2- L’étude Onenext 2020 de l’ACPM, Kantar, Médiamétrie et le CESP a réalisé un focus sur les forts consommateurs de presse. Leur profil : citadins, masculins et âgés de 46 ans en moyenne. Ces foyers à hauts revenus (plus de 65.000 € net par an) représentent 9,2 millions de Français, soit 17,5% de la population. La quasi totalité d’entre eux lisent au moins un titre de presse par mois et près de 9, tous supports confondus.

3. Apprendre tout au long de sa vie, de manière autonome, est devenu un enjeu professionnel crucial dans un univers technologique en mutation constante. Marie Dollé nous dresse ici un petit panorama d’applications et d’outils pour nous aider apprendre en ligne dans notre quotidien

👉 Quels métiers, compétences et besoins pour la rédaction de demain ?

▶️ En bref, dans les médias et sur les réseaux


🎁 BONUS 


Comment gérer sa liste toujours plus grande de mots de passe, sans mettre sa sécurité en péril en utilisant toujours les mêmes ? Lastpass vous permet de les enregistrer facilement sur votre PC, via une extension de navigateur ou votre smartphone grâce à une appli dédiée. Il reconnaît les sites et remplit automatiquement les champs de connexion. Ce freemium offre de larges fonctionnalités gratuites.


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